« Qu'on proteste ou qu'on se fâche, qu'on s'indigne ou qu'on s'exalte, Schopenhauer a marqué l'humanité du sceau de son dédain et de son désenchantement. Jouisseur désabusé, il a renversé les croyances, les espoirs, les poésies, les chimères, détruit les aspirations, ravagé la confiance des âmes, tué l'amour, abattu le culte idéal de la femme, crevé les illusions des cœurs, accompli la plus gigantesque besogne de sceptique qui ait jamais été faite. Il a tout traversé de sa moquerie, et tout vidé. Et aujourd'hui même, ceux qui l'exècrent semblent porter, malgré eux, en leurs esprits, des parcelles de sa pensée. » (Guy de Maupassant)

Schopenhauer a vécu pour la philosophie. Toute sa vie, il ne professa qu’une seule vérité : la nature intérieure du monde, son essence métaphysique est une poussée aveugle et irrationnelle qu'il nomme Volonté. Son affirmation que le monde ne peut se justifier que comme phénomène esthétique signifie exactement ceci : échapper à l'être en se réfugiant dans le voir, car « le monde est beau à voir mais mauvais à être ».

« Il a pensé ensemble et jusqu’au bout les grandes blessures de la mégalomanie humaine. La blessure cosmologique : notre monde est une des sphères innombrables dans l’espace infini, dans lequel une moisissure d’êtres vivants et connaissants existe. La blessure biologique : l’homme est un animal chez qui l’intelligence doit simplement compenser le manque d’instincts et l’insuffisance de l’adaptation organique au monde vécu. La blessure psychologique : notre moi conscient n’est pas maître chez soi ». (R. Safranski)





Schopenhauer, le récit d'un drame éternel
Ce film aborde les moments clés de la vie du philosophe
et tente de montrer l'originalité de sa pensée.